Requins, cochons, raies, tortues...

Lorsque l’on me demande ce que j’ai préféré aux Antilles, j’ai envi de répondre les Bahamas ! Bien-sûr, il y a une erreur majeure de géographie, puis je ne saurai balayer d’un revers les Grenadines, la Guadeloupe, les BVI’s... Les paysages y sont bizarrement plus proches du cliché sable et cocotier, côté shoal c’est comme un lac, les raies et requins nagent autour du voilier. Je dirai qu’il manque tout de même le côté root’s de la Caraïbe, on sent qu’on se rapproche des USA. Mis à part cette réserve, les Bahamas sont à découvrir, c’est une merveille de la nature.

Tempête sur le Colombus Bank

Direction Great Inagua, un île en dehors des routes habituelles, car je souhaite faire les formalités d’entrée avant d’arriver aux Jumentos Cays. Bien que plus pratique, douane et immigration étant regroupées dans un même bâtiment proche du mouillage, ça prend tout de même du temps. On fini la matinée par un burger dans une sorte de pension déserte en journée, un peu de wifi à la bibliothèque climatisée et on rentre au voilier pour un bon barbecue puisqu’il n’y a pas grand chose d’autre à faire ici, l’île étant dévouée à l’exploitation saline. Dans la « marina », comprenez un minuscule bassin protégé par un sea wall, nous rencontrons deux Toulonnais convoyant un petit motor yacht de Floride à Haïti où l’un deux réside. Ils ont heurté une épave gisant en plein milieu du port, réparer ici est une vraie galère. Après une nuit de repos, François remonte l’ancre et on se met en route au moteur, dans la pétole pluvieuse. La météo sensée s’améliorer à l’approche du Colombus Bank ne fait qu’empirer. Le vent contraire au courant lève une mer d’autant plus infâme que le fond passe, non loin de nous, d’un millier de mètres à quelques mètres seulement. Il faut se résoudre à changer de plan, ce n’est pas prudent d’aborder cette zone délicate dans ces conditions. J’enfile un cirer pour prendre la barre, le pont est balayé par les vagues que je tente d’avaler tant bien que mal. Je m’efforce à faire du près pour ne pas trop me rapprocher des récifs et ne pas avoir à louvoyer, ce qui rallongerai considérablement notre peine. Pour ajouter à l’ambiance, nous croisons un voilier au comportement bizarre, il ne répond pas à la VHF, nous tarderons à apercevoir quelqu’un sur le pont. Le calme revenu, nous passons la nuit au moteur et nous remettons les voiles qu’en fin d’après-midi. Ça file tout seul, on est à l’ombre des voiles pour bouquiner ou travailler sur l’ordinateur avant de prendre l’apéro. Au final, se fut une navigation éprouvante : nous avons eu le droit à tout, du moteur au spi, en passant par la voile de brise. Trois jours et trois nuits au lieu des vingt quatre heures espérées pour notre destination initiale. L’avantage, c’est que nous sommes projetés à l’entrée des Exumas Cays, le joyaux des Bahamas. L’escale à la marina d’Emerald Bay est bienvenue, nous nous refaisons une santé dans ce complexe de luxe. Le golf est gigantesque, c’est rafraichissant de se dégourdir les jambes à vélo dans ce décor.

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Quand ça file tout seul
Ça file tout seul, on est à l’ombre des voiles pour bouquiner ou travailler sur l’ordinateur avant de prendre l’apéro.
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Golf cars way
Cela doit figurer parmi les plus beaux golfs j’imagine... en tout cas à vélo c’est un enchantement !
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À la fraiche
Je profite d’être à quai pour balader le soir et le matin, à la fraiche.
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Bahamas ?
C’est rafraichissant de se dégourdir les jambes à vélo dans ce décor.

Bienvenue aux Exumas Cays

Fort de son baptême du large, François prend un taxi pour l’aéroport rejoindre ses lacs canadiens, de mon côté je découvre dans l’après-midi ce grand lac qu’est le côté shoal des Exumas. Je me met au défi de franchir le current cut à la voile,puis me faufile entre de magnifiques îlots et en viens à dépasser ma destination tant je suis absorbé par cette expérience extraordinaire. Le lendemain je suis obligé de rebrousser chemin jusqu’à l’océan car il n’y a pas assez de fond. Je poursuis alors deux voiliers jusqu’à une nouvelle passe. Décidément, c’est la surenchère du mouillage le plus charmant. Je rencontre les équipages allemands de Salana et Mavrick Too. Nous nous rendons sur le piano sous-marin de David Coperfield et partageons quelques bouteilles de vin le soir venu. Le prochain saut de puce par l’océan est plus délicat, à la sortie le courant pousse mais le vent contraire lève des murs d’eau sur notre route. Quelques milles plus loin, le courant m’est défavorable et je dois lutter moteur à plein régime pour n’avancer qu’à un nœud entre les récifs qui marquent le retour dans le banc.

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Deep water aux Bahamas

Le temps est à la pluie, je mène une expédition en annexe dans la marina déserte, d’où je me ferai dégager aussitôt un réseau wifi accroché. Deux voiliers arrivent juste avant la nuit qui sera cataclysmique. Au réveil, je vais à la rencontre de mes voisins, m’inquiétant si tout va bien pour eux, Julia a un doigt amoché par l’échelle de bain saisie après un plongeons de l’annexe en plein orage. Cela n’empêche qu’ils me guident jusqu’à une grotte qui donne son nom à l’île : Cave Cay. Je ne peux résister à poser mes mains sur ce beau calcaire et reviendrai plus tard avec ma paire de chaussons d’escalade. J’embarque également l’ordinateur car depuis l’annexe, entouré par de majestueuses raies, je peux capter le wifi de la marina dans la baie voisine, sans avoir à fouler le sol privatisé.

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Deep Water aux Bahamas
Incroyable, c’est aux Bahamas que j’ai le plus grimpé depuis le début de mon voyage !
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Bahamas vs Baléares
Le principe est le même : un plateau de calcaire qui émerge au milieu de nul part ce qui donne au bout de quelques milliers d’années de beaux dévers au dessus d’une eau cristalline !
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Beer Fest pluvieux, Beer Fest heureux

Heureux de retrouver un peu de compagnie, je suivrai BoomDeYada et Dutchess jusqu’à Farmer Cays. L’épicière du village nous envoi chez l’infirmière de l’île, diagnostique que nous doublons d’une viso conférence avec mes amis internes en médecine. Little Farmer Cay est un charmant endroit où les raies jouent avec les tortues dans le port, il y a plusieurs bars que nous testons bien entendu. C’est à la queue leu leu que nous repartons, par tirant d’eau croissant, afin de passer une zone de moindre fond. Le Beer Fest de Black Point, indiqué par l’infirmière, avec qui les filles ont sympathisé, est quelque peu perturbé par la météo.

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Raie VS tortue
Little Farmer Cay est un charmant endroit où les raies jouent avec les tortues dans le port.
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Little Bay
La plage sur laquelle nous allons boire un verre pour clôturer le Beer Fest.
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Coucher du soleil
Dans la benne du pick-up qui nous ramène de Little Bay.

Big Major Spot

Le beau temps revenu, nous hissons les voiles pour Big Major, une escale incontournable. Bien que fréquenté, notamment par les méga yacths, le mouillage est splendide. J’y vois, comme dans les récits que j’ai pu lire, l’annexe voler au dessus du sable, c’est à en avoir le vertige. Les raies et les requins rodent autour des voiliers et les cochons nagent au bord de la plage vers les tender boats venus les nourrir. Nous enchaînons les happy hours à tour de rôle sur les trois voiliers : c’est un peu « Un diner presque parfait », où chacun rivalise de talent pour nous régaler. Armés de nos masques et tubas, nous plongeons pour atteindre Thunderball Grotto, la grotte du James Bond éponyme. J’y met mes chaussons pour quelques pas d’escalade dans ce lieu mythique. La semaine Walt Disney n’est pas terminée car à Staniel Cay nous nageons avec les requins, au bord du très huppé Yacht Club. Le matin du départ, je fais la connaissance du couple allemand naviguant sur Meisse, ils m’invitent pour une leçon de petit déjeuner germanique...

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En route pour Big Major
Les Bahamas sont l’endroit rêvé pour de longues parties de spi...
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À la queu leu leu
Sous spi j’arrive à suivre BoomDeYada et Dutchess qui s’aident au moteur.
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La légende des Bahamas
L’eau est si pure que l’annexe semble voler au dessus du sable, c’est à en avoir le vertige.
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Baignade ?
Les raies et les requins rodent autour des voiliers.
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Des cochons bien nourris
Les tender boats des méga yachts alentour viennent nourrir les fameux cochons avec des sauts entier de pizza ou de fraises dont j’aurais bien fait mon 4 heure...
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Le cochon et la raie
Non ce n’est pas le titre du dernier Walt Disney, cela est possible aux Bahamas !
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Les cochons nageurs
Ils n’hésitent pas à mouiller le maillot et nager jusqu’au annexes !
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Happy Hour sur Faroubavoile
Le plus petit voilier de notre escadre peut être mais il n’a pas démérité pour notre concours d’happy hour !
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Dwayne Pizza
BoomDeYada sort le grand jeu avec d’excellentes pizza maison !
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Grotte semi immergées
À marrée haute, il faut nager sous l’eau pendant quelques mètres pour trouver l’entrée de Thunderball Grotto.
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007 rock climbing
Grimper dans la grotte de James Bond, c’est la classe !
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Deep Water Grotto
Une première peut être dans Tunderball Grotto ?
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Nage avec les requins
J’en menais pas large j’avoue, il a fallut les encouragement de mes amis pour tenter l’expérience et aller jusqu’à les toucher...

Boboo Hill

BoomDeYada nous quitte pour « hiverner » à Georgetown, je poursuis avec Dutchess vers le Nord. Dona et Jettie seront mes guides à Walderick Cay, le parc national des Exumas. Le cadre est exceptionnel : les bouées de mouillage sont installées dans un chenal creusé par un fort courant, entre l’île et un grand banc de sable qui émerge à marrée basse. Un impressionnant squelette de baleine est exposé sur la plage du bureau des rangers. Nous faisons un grand raid en annexe pour nous rendre sur les différents sites de snorkeling référencés. La faune et la flore sont à leurs aises, les lobsters géants semblent vous rier au nez en disant « ici, vous ne m’attraperez pas » ! Avant de quitter ce lieu de paix, selon la tradition, je vais déposer le petit écriteau attestant du passage du Faroubavoile au sommet de Boboo Hill, c’est un grand moment d’émotions. On raconte que les nuits de pleine lune, il est possible d’entendre d’ici la rumeur des âmes perdues d’un terrible naufrage. Ce cri, qui donna le nom à la colline, est en réalité l’océan qui de ses vagues pousse un souffle puissant, précédant un jaillissement à travers des trous traversant la côte en corniche.

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L’île des aliens

Les navigations sur cet immense lac sont un régal. J’ai pris l’habitude de m’installer sur le pont, à l’ombre des voiles, avec l’ordinateur pour y travailler dans le plus beau bureau du monde. Ce n’est pas pendant la transatlantique que j’aurais pu faire ça ! J’ai le plaisir de retrouver Meisse à Norman’s Cay, l’ancienne île des trafiquants de drogue où la DEA a mené un raid dans le but de stopper l’activité permise par leur piste d’aviation clandestine. Je suis déçu qu’il ne reste rien des anciennes constructions, elles ont récemment été détruites pour débuter le chantier d’une énième luxueuse marina. La plongée sur l’épave d’un de leurs avions mules est une bonne consolation. L’ultime escale des Exumas, Allen’s Cay, sera l’occasion de prendre conscience que je viens de passer quasiment un mois sous le plus beau ciel qui m’eut été permis d’observer : les étoiles forment un dôme parfait descendant jusqu’au niveau de l’eau, à 360 degrés, tapissé de la voie lacté.

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À l’assaut de l’Atlantis

Dernière épreuve bahamienne, la traversée du Yellow Bank, dont six milles à mi-parcours parsemés de têtes de coraux. Peu de vent mais pas envie pour autant de passer la journée au moteur, j’envoie le spi, peu importe le temps que ça me prendra. En vu des premiers spots mauves, je touche enfin de l’air et je n’ai donc nullement envie d’affaler mon joker. Qu’à cela ne tienne, je zig zag à 6 nœuds en brassant et dé-brassant pour éviter les obstacles. Je retrouve mes amies texanes au bord de la piscine de la marina pour une agréable soirée. Je rejoins le lendemain la zone de mouillage en face de l’imposant Atlantis Resort, où je mets les pieds pour la première fois dans un casino, admire les aquariums géants et profite en pirate des innombrables piscines. Une pause bien méritée au milieu des derniers préparatifs pour l’arrivée aux USA. Une fois les contrats d’assurances signés, un pavillon de courtoisie prêt à être envoyé sous les barres de flèche à tribord et la procédure d’entrée sur le territoire apprise par cœur, je quitte Nassau en fin de journée...

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