Baléares

Ibiza un 25 décémbre

Mon tour de l'atlantique à la voile débute sur les chapeaux de roues en Méditerranée, avec des conditions bien loin d'une croisière estivale aux Baléares. Néamoins, découvrir cet archipel dans le calme de l'hiver est un beau cadeau de Noël que je n'oublierai jamais.

Un Lion musclé

Mon tour de l’Atlantique à la voile ne débute pas par la traversée du golfe de Gascogne, comme pour la plus part des voiliers que je croiserai, pour cause c’est de Marseille, mon port d’attache, que je largue les amarres. C’est donc le golfe du Lion que j’affronte, en guise de mise en jambe. La Méditerranée n’a définitivement rien à envier à l’Atlantique, la première journée de mon voyage sera terrible. Nous sommes le vingt-et-un décembre, à l’heure où vous ne croiserez que les derniers fêtards éméchées du samedi soir, tout est calme, trop calme. A peine sortis de l’abri procuré par le Frioul, nous prenons un premier ris dans la grande voile, puis deux, puis trois. Même manœuvre pour ma toute nouvelle voile de brise sur étai largable, avant d’affaler complètement la grande voile pour se retrouver qu’avec un mouchoir de poche à l’avant. Cela ne nous empêche pas de filer à plus de dix nœuds et de courser un cargo pendant plusieurs heures, incroyable. La mer est déchaînée, le pont est constamment balayé par des vagues glaciales, j’enfile la combinaison de survie en fin de journée car je n’ai plus que cela de sec et d’assez chaud pour affronter la nuit. Nous devons barrer plusieurs heures durant, avant que le vent faiblisse de 40 nœuds à 30 nœuds, ce qui nous paraît alors être de la rigolade ! Au petit matin, c’est le calme plat. Nous avons pu nous refaire un peu en fin de nuit et après le petit déjeuner, premier repas dans des conditions décentes, on décide de tester le grand spi récupéré la veille du départ. Il a vingt deux ans, dix de moins que le voilier, il se porte plutôt bien pour son âge. Ce voyage commence à me plaire !

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Départ musclé
Le routage pour le premier jour de mon tour de l’Atlantique...
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Au revoir Vieux Port
Nous sommes le vingt-et-un décembre, à l’heure où vous ne croiserez que les derniers fêtards éméchées du samedi soir.
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Le calme est revenu
Nous avons pu nous refaire un peu en fin de nuit et après le petit déjeuner, premier repas dans des conditions décentes.

Les Baléares au calme

Le lendemain, pile au lever du jour, nous entrons à Porto Cristo. C’est magnifique, tellement paisible en cette période de l’année. Nous nous amarrons au quai à carburant, qui restera fermé ce jour, pour aller prendre un bon café après une bonne douche... Quelle surprise de voir qu’ici la friture de poisson a remplacé les croissants, là encore nous découvrons les Baléares à milles miles des clichées estivaux. Il faudra rapatrier depuis le haut de la colline quelques jerricans de gasoil. Assis sur quarante litres de carburant, posés sur la trottinette, je m’élance dans les rues abruptes jusqu’au port ! Coucher du soleil le long de la magnifique côte de Majorque, faite de falaises percées de grottes propices à l’escalade, puis longue nuit au moteur jusqu’à Ibiza.

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Fuel truck
Assis sur quarante litres de gasoil, je m’élance dans les rues abruptes jusqu’au port.
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Deep Water Soloing
La côte de Majorque, faite de falaises percées de grottes propices à l’escalade.

Bon Nadal

La ville de la fête est bien calme un vingt quatre décembre, seul un quartier semble animé, vu de plus près, il se révélera être celui des gitans, lorsque je manqua de me faire égorger. Qu’à cela ne tienne, j’ai tout ce qu’il faut au voilier pour passer un agréable réveillon, j’ouvre le colis que mes parents m’ont préparé pour l’occasion : vin blanc d’Alsace, foie gras et ses petits toasts... Je ne m’attarde pas dans la marina municipale, qui affiche quarante cinq euros la nuit pour mon trente deux pieds. Noël sera sur l’eau cette année, quelques jolis virements de bord pour fêter ça en arrivant à Cala Boix. C’est un magnifique mouillage au pied des falaises. Je fais le tour de l’île pour patienter car du mauvais temps est annoncé d’ici quelques jours, ce qui m’interdit de partir pour Gibraltar. La côte nord est impressionnante, un peu austère en hiver, il faudra revenir à la belle saison. Arrivé à San Atonin, le propriétaire d’un voilier me propose de m’amarrer à couple d’un second qu’il est en train de restaurer pour naviguer autour du monde.

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Ibiza depuis le port
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Les remparts d’Ibiza
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À l’abri à Formentera

Grande partie de voile le lendemain pour sortir de la baie, longer de jolis îlots rocheux puis plonger au portant vers Formentera. Je m’amarre juste à temps dans le petit port de Savina, à l’abri pour laisser passer le gros temps. Il y a un étang qui occupe la majeure partie de l’île, c’est très nature, je regrette de ne pas avoir mon VTT pour en faire le tour entre deux averses. Cela m’aurait un peu occuper car c’est encore une fois désert, la seule distraction est de flâner à la gare maritime pour y observer le balai des impressionnants ferrys catamarans supersoniques. Les kite-surfeurs ont rangé leurs ailes tant le vent se déchaîne, il est temps de se calfeutrer dans le carré et d’y déguster un bon rouge espagnol, le chauffage à fond !

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Autour d’Ibiza
L’îlot le plus impressionnant rencontré en faisant le tout d’Ibiza, le rocher ne semble pas top mais l’envie de l’explorer un jour est grande !
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