Le projet

Un voilier pour voyager, naviguer, grimper, rouler, se détendre, habiter...

Génèse

Comment j’en suis venu à acheter un voilier habitable, course croisière, construit en 1983, à 24 ans, après avoir consacré tout mon temps libre à la montagne ?

Un voilier pour voyager

Le véritable déclic, fut mon premier grand voyage en Floride. En avril 2013, je suis invité chez Guillaume, ancien camarade du Team VTT du Vélo Club La Pomme Marseille, frère de ma meilleure amie et marraine du Faroubavoile, Aliénor, avec qui nous avons passé un nombre incalculable d’heures à bicyclette ou chez ses parents entre amis. Comme témoignage que les meilleures expériences sont celles auxquelles on s’attend le moins, il n’y a pas mieux que de vous avouer que j’étais intérieurement réticent à ce voyage. Présomptueusement, j’imaginais ennuyeux et sans intérêt des vacances à l’autre bout du monde à passer des journées à la plage ou à la piscine. Mes vacances habituelles étaient jusque là escapades dans les Gorges du Verdon à grimper ces mythiques parois calcaires, ski de randonnée ou cascade de glace dans le Queyras l’hiver et VTT, randonnée ou escalade l’été. Il a fallut un réveillon arrosé comme à l’accoutumé chez mes amis pour me shangaïer dans cette nouvelle aventure. Je ne vous raconterai pas ici le détail de ces fabuleuses vacances, seulement peut être la nuit passée à pleurer, dans le bain moussant un hôtel de Lisbonne, devant Intouchable, coincé par une grève des contrôleurs aériens. Se retrouver seul, sans la compagnie chaleureuse de notre groupe d’amis, après cette nouvelle expérience hors du commun, fut un choc à la hauteur du cap quelle allait donner à la suite de ma vie.

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De retour à Allauch, il était clair que certaines valeurs s’affirmaient les miennes désormais. Le voyage avec un grand V m’avait charmé et me possédait. Coutumier à l’époque de faire de grand plan sur la comète, comme disaient un brin irrité mes parents, je fis le calcul suivant : de telles vacances, à la solde de généreux amis que sont les miens, me paraissaient miraculeuse et n’être que difficilement reproductibles, même si je n’avais que le billet d’avion à débourser ou presque. La situation financière dans laquelle j’étais ne me semblait en effet pas fameuse et les perspectives d’évolutions possibles mais lointaines. N’ayant jamais réussi à sacrifier ma liberté pour quoi que se soit, amour, études, travail, famille, une solution s’offrait à moi pour visiter le monde : voyager avec le vent.

Un voilier pour grimper

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Une grosse composante du programme de navigation imaginée fut de passer mes week-end dans les Calanques entre Marseille, Cassis et La Ciotat pour grimper. Les qualités exigées ne différaient guère de celle d’un voilier plutôt performant, car j’allais faire l’aller-retour au moins une fois par semaine jusqu’aux pieds des falaises. Même si le grand voyage était mon objectif, je voulais profiter de mon navire les années qui précèderaient, en prenant un maximum de plaisir. C’est pourquoi les grands classiques du tour du monde, dont les coques aciers, ne m’attiraient pas particulièrement.

J’étais persuadé, et j’en eu confirmation, que le meilleur moyen de pratiquer l’escalade, dans ce massif entre mer et ciel, était le voilier. Il faut dire que j’ai eu le temps de fantasmer durant mes années lycée où je m’appuyais la piste d’En Vau trois fois par semaine, à défaut d’aller en cours.... Avoir son camps de base au mouillage au pied des falaises du Devenson ou à Sugiton, quel pied ! D’une pierre, deux coups, fini les marches d’approche, réduites ainsi à deux coups de rames et bonjour les escalades à la fraîche sans avoir à se lever à l’aube l’été.

Mon tour du monde, je le vois de toute façon avec mon matériel d’escalade à bord, à la découverte des falaises comme leitmotiv. Même si le plus gros potentiel semble être en Méditerranée, j’ai bon espoir que les sites mythiques du Vietnam et de Thaïlande soient accessibles en voilier.

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Mouillage à Sugiton
Tel un remake de La Vie au bout des doigts, le voilier à remplacer le van de Patrick Edlinger...
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Escalade à la Paroi des Toits
Une de mes voies favorites, Rénatissimo, un beau 7a+ qui m’a été permise d’enchaîner en été, grâce au voilier mouillé à Sugiton.

Un voilier pour habiter

Dernier volet de mon projet, c’est d’habiter à bord. De retour chez mes parents, à Allauch, après quelques années à Saint Véran dans le Queyras, où je louais un bel appartement de 70 mètres carrés avec un jardin équivalent, ce qui me manquait le plus était de pouvoir recevoir mes amis. Dans la région marseillaise, pas grand chose d’abordable ni même raisonnable. Je ne voulais pas me retrouver dans un quartier mal famé, ni loin des Calanques et de la mer. De toute manière, je ne pourrais offrir une si belle chambre d’amis que la cabine avant d’un voilier que se soit au Frioul, au Vieux Port, au pied des falaises de Cassis voire même en Corse ! Le confort d’un habitable de dix mètres me conviendrai tout à fait, il a tout ce qu’il faut à bord.
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Seule ombre au tableau, c’est l’obtention d’une place de port dans la région. Disons que c’est compliqué. Je projetais pour cela de passer la belle saison au mouillage dans la rade de Marseille et de me débrouiller un hivernage, au Frioul s’il le faut. Hors de question de rentrer dans les combines malsaines et coûteuses, mon projet étant de partir vivre autour du monde d’ici cinq ans ça n’avait qu’encore moins de sens.

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Faroubatlantique

J’ai largué les ammares le 22 décembre 2014 depuis Marseille, dans l’idée de faire un grand huit Atlantique et Méditerrannée en un an.

Le grand départ

Je vous ai raconté comment le projet initial d’économiser 4 ou 5 ans pour m’acheter un voilier c’était soldé par l’achat du Faroubavoile en moins d’un an, figurez vous que c’est un peu la même chose pour Faroubatlantique. J’avais en tête de partir vivre autour du monde d’ici 4 ou 5 ans après l’achat du voilier, ce qui me laissais le temps de finir de le payer, de mettre quelques sous de côté, d’avancer dans mes autres projets... Certaines mésaventures, du début du second semestre 2014, m’ont poussées à débuter cette aventure plus tôt que prévu, à peine un an après le baptême du navire..

Il a fallut que je tourne en rond tout l’automne pour finir par me décider à profiter de ma situation et partir à la recherche d’un embarquement pour une transatlantique et et les Caraïbes. Le voilier étant au Vieux Port de Marseille en hivernage, j’avais quelques mois devant moi pour me changer les idées, rencontrer de nouvelles têtes, acquérir de l’expérience en voyage. Dans le même temps je reçus un ultimatum de mon ami Sébastien pour venir une quinzaine en Floride m’aéré l’esprit.

Même si je commençais à me déloquer doucement, je n’aurai rien fait sans mes amis. J’ai passé beaucoup de temps cet automne entre Nîmes et la Grande Motte chez Coco et Gilbert à régater sur leur First 31.7, bosser sur la carène, à discuter de tout et de rien, ce qui m’a fait le plus grand bien en retrouvant une activité physique.

Un jour après avoir pris mon billet pour la Floride, avant un dernier aller retour dans le Gard pour appliquer le traitement au cuivre sur Blue Note, Émeric, vient spécialement à Marseille pour discuter avec moi de mon projet de voyage. J’ai fait ma première traversée continent Corse sur son Janneau Sangria quelques années auparavant, on s’est depuis croisé quelques fois sur l’eau et on est toujours resté en contact. L’objet de sa venue est tout bonnement qu’il souhaite aussi faire une transatlantique cette année, pensant que je prévoyais de partir avec mon First 32, il veut partir avec moi. Bien que ce ne soit pas mon plan initial, partir à deux est une bonne excuse pour le faire avec mon propre voilier. À cela s’ajoute que la saison des transatlantiques étant bien avancée, mes recherches n’aboutissent pas. L’idée est donc de partir le plus vite possible pour faire un stop aux Canaries en janvier pour qu’Émeric fasse un aller-retour travail puis de traverser l’Atlantique en février. Retour en Europe prévu à la fin de la saison d’hiver, ce qui me permettrait de passer le Yachtmaster à Gibraltar et de filer rejoindre la Skipper Academy en Croatie en octobre après avoir profité de la Grèce, notamment de l’escalade à Kalymnos.

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Pas le temps de tergiverser, on s’accorde trois semaines de préparation, en décomptant mes quinze jours chez mes amis, en Floride. Autant dire que ce fut intense : j’ai commencé par discuter à distance avec la Voilerie Phocéenne à propos d’un étai largable pour une voile de brise, puis j’ai ramené un transpondeur AIS des États Unis, divers autres achats tel une combinaison de survie, deux vieux spi symétriques et l’heure du départ sonnait. Émeric m’accompagnera jusqu’aux Baléares avant de devoir faire demi-tour prématurément pour des raisons personnelles. Je pris la décision de poursuivre en solitaire le soir du réveillon de Noël à Ibiza.

La côte Est USA

C’est durant la dernière semaine de traversée de l’Atlantique, surement à force de fantasmer sur les cocotiers, qu’il m’est apparu dommage de ne passer que 3 mois dans les Caraïbes après tant d’efforts, d’investissements. Je commença à réfléchir à une alternative pour passer la saison des cyclones et rempiler pour une année : il y avait ce vieux rêve de remonter la côte est des États Unis jusqu’à New York, et la possibilité de passer l’été à Trinidad et Tobago hors zone à risque météorologiques et piraterie. Le projet initial n’en était même pas à sa moitié qu’il en avait déjà pris un coup.

Je ne sais plus au juste combien de temps à pu durer le brainstorming pour décider de la suite à donner au voyage, très longtemps dirons mes amis de Saint Martin, en particulier Yann qui a du en entendre parler matin, midi et soir depuis la Martinique ! D’un côté le sud avec la pluie, la chaleur, la piraterie, de l’autre le nord avec le problème de visa pour les États Unis, le coût de la vie élevé, les cyclones possibles... L’idée initiale de rester 6 mois à Trinidade était foncièrement mauvaise, elle fut remplacée par un projet à part entière de tour le la partie ouest de la mer des Caraïbes : ABC’s, Semblas, Mulatas, Panama et retour par Cuba. Le rêve américain a fini par l’emporter in extrémis lorsque j’obtins la confirmation qu’il était possible d’entrer aux USA avec un tampon dans le visa fait en faisant un aller retour avec une compagnie agrémentée entre les BVI’s et les USVI’s. À vrai dire, je n’attendais que ça, car un peu fatigué par le début de mon voyage, le projet adverse me paraissait de plus en plus ambitieux, pas forcément économique au regard des frais de douane et d’immigration, difficile à concilier avec boulot sur internet et rayant tout espoir d’avoir de la visite. C’est à Saint Martin que je pris la décision de passer l’été aux États Unis, de ferais donc un aller-retour en Guadeloupe juste pour le tournage avec TF1 puis me dirigerai vers les Îles Vierges Britaniques.

Je passerai donc l’été 2015 entre la Floride et New York après avoir pris soin de découvrir les Turks and Caïcos et les Bahamas.


Et après ?

Pour sûr, je souhaite passer un second hiver, complet celui ci, dans les Caraïbes afin de combler certaines lacunes insulaires. J’aimerai passer le Yachtmaster britannique également, afin d’assurer mes arrières. Ainsi il me parait judicieux de rester de ce côté de l’Atlantique si je veux débuter dans le milieu, alors pourquoi pas une troisième année sous les cocotiers ?

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D’une façon ou d’une autre, je ne partirai pas dans le Pacifique avant d’avoir profiter à 100% de ce magnifique terrain de jeu et encore moins sans être rentré chez moi quelques temps. Je pourrai très bien transater à nouveau pour boucler un tour de la Méditerranée avec Faroubavoile et retrouver nos Calanques avant d’aller plus loin...

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