Turks and Caïcos

L’archipel méconnu

En quittant les Antilles pour les Turks and Caïcos, on sort également des chemins battus. Seuls les adeptes de la plongée, connaisseurs du Club Med ou mes quelques amis aviateurs connaissent l'existence de cet archipel à part entière des Bahamas. Rares sont les voiliers, encore moins les monocoques quillards, s'y aventurant. Peut être est-ce seulement dû au peu de profondeur dans le Caïcos Bank, peut être les cents dollars passés de frais de douane et d'immigration pour un séjour de sept jours maximum rebutent les plus téméraires.

Une navigation gastronomique

Saint Thomas s’éloigne dans le sillage et la vie au large s’organise. Je suis fier de retrouver aisément ce rythme après quinze jours de cabotage entre les Îles Vierges Britaniques et celles des États Unis. Les conditions sont idéales : vent portant modéré et tendre houle qui n’enlève rien au confort. Encore quelques lumières de Culebra en vue, accompagnées des communications au style reconnaissable des Coast Gards US de Puerto Rico. Ensuite, c’est le désert d’une route peu empruntée à cette saison, le long des terrifiants banks de Navidad, Silver et Mouchoir. Je fais le vide après une période sur-connecté, me plonge à nouveau dans mes lectures bercées de mes albums favoris. Je profite du gros avitaillement fait à Redhook : des légumes, de la viande, du vin rouge pas mauvais. C’est la première fois que je chill autant à la voile sur une traversée. De la Guadeloupe aux BVI’s, j’ai bien profité mais c’était beaucoup au moteur par manque de vent, même le spi ne tenait pas, c’est dire... Avec comme seul bruit le grincement des écoutes, qui se bandent dans les rares sursauts du vent, c’est encore meilleur. Mes moments préférés sont les fins d’après-midis car le soleil est devant les voiles, je peux alors profiter du cockpit pour travailler sur l’ordinateur avant de prendre l’apéro ! Le large me manquait je crois, si bien que je n’ai pas cédé à mon habituelle excitation des derniers milles. J’ai même hésité à ralentir pour arriver dimanche au petit matin, voire lundi ! N’exagérons tout de même pas, j’atterrirai de nuit à Grand Turks. Ça n’a pas l’air très compliqué en faisant le tour de l’île et en piquant droit sur la zone portuaire, le fond passe de quelques centaines de mètres de profondeur à cinq mètres où je peux mouiller sans avoir à franchir de passe. Telle une récompense pour cette patience, ça mord, enfin : mon premier mahi-mahi ! Une grosse daurade coryphène, caractérisée par ses somptueux reflets bleus, s’agite en bout de ligne. J’y met toute ma concentration pour ne pas rater cette prise de choix, sans risque de ciguatera, c’est une des meilleures chaire qu’offre l’océan. Âmes sensibles, je vous prie de passer les prochaines lignes. Je l’avais lu ci et là, cette espèce vie en couple et comme inséparables, le futur veuf ou la future veuve accompagne jusqu’au dernier moment celle ou celui qui a commit le pêcher de gourmandise face à un vulgaire leurre en plastique. Je me suis surpris à tomber dans ce genre de considérations tant ce poisson est beau. Dans cet élan de bonté, qui n’a pas suffit à me faire relâcher mon repas, j’ai remis une ligne à l’eau pour tenter de sauver l’autre spécimen d’une vie de tristesse et les unir pour l’éternité dans mon barbecue ! Plaisanteries mises à part, j’ai accordé le plus grand soin à la découpe de ce don de la nature, un respect digne d’un trappeur qui s’est traduit jusque dans la qualité des plats préparés avec.

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Cuisine, lecture, musique
Mes trois occupations principales au large.
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Navigation confortable
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Happy Hour
Quel plaisir d’avoir retrouvé du bon vin aux USVI’s !
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Mon premier mahi-mahi !
Une prise de choix en arrivant aux Turks and Caïcos.
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Dîner de gourmet
Une des préparations du mahi-mahi, ce coup-ci au four avec un filet d’huile d’olive.

Grand Turks

Je suis arrivé en début de nuit, en lofant peu à peu pour remonter sous le vent de Grand Turks. Je me souviens de l’atmosphère agréable qui planait, le voilier glissait sur ce plan d’eau coupé des vagues par l’île. Au réveil, ce n’est pas franchement très beau, je suis à côté d’une épave, quelques navires de pêche mouillés dans l’attente de la prochaine marée font tourner leur générateurs, des petits et moyens cargos attendent leur déchargement et un parc de bouées retenant les day charters dédiés aux croisiéristes. Étant donné que je suis consigné à bord jusqu’à lundi, afin d’éviter de payer des frais de douane supplémentaires, je reviens sur mes pas. C’est presque trop court, je pourrais passer des heures à la barre au bon plein ainsi, sans vagues ! Je vise la passe au dessus du tombant et pénètre prudemment jusque devant le dock public. Je crois jeter mon ancre dans ce qui est du sable mais les vibrations dans la chaîne attestent que ma vue m’a une fois de plus fait défaut : le fond est dur. Impossible d’étaler trop de chaîne, car les brisants ne sont pas loin derrière et autour ça n’éviterai pas à 360 degrés. J’ai bien fait de ne pas tenter une arrivée nocturne. Pour contrecarrer le peu de chaîne immergée, je vais placer d’un coup d’annexe mon nouveau mouillage secondaire. Avec le masque, j’y vois plus clair et choisi une zone pas trop mauvaise pour ma deuxième ancre. Ce n’est pas très compliqué d’aller la déplacer de quelques mètres puisqu’il n’y a guère plus de deux mètres cinquante de profondeur : si le limbo sous-marin existait, on aurait du mal à passer sous la quille ! Grâce à un très bon wifi, je peux ainsi envoyer sur mes serveurs le travail effectué hors ligne les jours précédant et me reconnecter socialement. Je pars ensuite à bord de l’annexe balader de bouées en bouées dédiées au snorkeling. La plus proche est à peine cent mètres derrière le voilier. Je m’y rend précautionneusement avec une bouteille d’essence de secours, les avirons, la VHF portable car mon tout nouveau moteur hors bord a fait de gros caprices aux BVI’s. Le courant est très fort et tire vers le large tout corps plongé dans son liquide. Loi qu’il faut garder en tête, surtout qu’il n’y a pas foule, je suis le seul navire aux alentours. À peine sous l’eau, mes yeux s’écarquillent devant tant de poissons multicolores. Le jardin de coraux est également très soigné. Cela rattrape le coup du fond juché de bouteilles de bière déploré sous le voilier. Le tombant est incroyable, le fond se dérobe sous vos palmes, c’est comme si vous arriviez au bord d’une paroi sans parapet, du haut de laquelle vous ne verriez pas la vallée. De retour à bord, je prépare le barbecue pour un filet de mahi-mahi à l’huile d’olive, ça c’est du dimanche !

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Du bon plein sans vague
Je pourrais passer des heures à la barre ainsi !
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Au mouillage dans l’eau couleur TCI
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Peu d’eau sous la quille
Si le limbo sous-marin existait, on aurait du mal à passer sous la quille !
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Les bouées de snorkeling
De loin en loin au dessus du tombant on trouve de quoi s’amarrer pour plonger.
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La faune sous-marine
De nombreuses espèces qui ne semblent pas effrayées par l’homme.
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Vertigineux tombant
Le fond se dérobe sous vos palmes, c’est comme si vous arriviez au bord d’une paroi sans parapet, du haut de laquelle vous ne verriez pas la vallée.
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La flore sous-marine
Le jardin de coraux est très soigné.

Turks Bank

Lundi matin, je débarque avec mon VTT pour aller faire les formalités d’entrée. Comme d’habitude, je manque de me faire écraser en commençant à rouler à droite, je ne m’y ferais jamais ! La balade est sympa, premiers paysages de salins rosés, les échassiers qui vont avec, le dépaysement est marqué avec les Antilles. Je poursuis ma sortie par un coup d’œil au terminal de croisière où Carnival s’est construit un resort avec casino, tout clôturé. La plage, disons les quelques mètres de sable adossés à un grillage, est ridicule car derrière c’est un dépotoir et l’usine électrique vient compléter ce bruyant paysage. Tout ça doit être soigneusement masqué côté croisiéristes puisqu’ils semblent s’y croire vraiment et tiennent une séance photo sur un cheval les pieds dans l’eau, devant leur paquebot. Je m’aventure sur une piste, longeant un magnifique salt pond, jusqu’à une petite bute afin d’aller voir à quoi ressemble de bank à l’ouest de l’île. Je compte m’y aventurer les prochains jours, en guise de répétition générale avant la traversée du Caïcos Bank. Le terrain devint caillouteux, surprise, c’est du calcaire ! J’ai l’impression de rouler dans mes chères collines de Pagnol. Lors de cette petite balade, j’en ai pris plein les yeux mine de rien, j’ai adoré le mélange des couleurs, les ânes dans les rues, l’éclat de l’océan depuis le ponton où je pose mon VTT... Je pars grande voile haute avec le projet secret d’affaler avant le cut afin de me concentrer sur la lecture de la carte et la surveillance des fonds. Face au plaisir que me procure ce run jusqu’à l’entrée du bank, je ne ferais que prendre un ris et rouler quelque peu le génois. Je m’avance entre deux récifs sur lesquels les vagues viennent se briser. Le sondeur se stabilise à trois mètres, je me rend sur la plage avant pour faire un tour d’horizon. J’aperçois l’ombre du voilier voler au dessus du fond ! C’est incroyable, l’eau est cristalline, on peut presque distinguer les conchs sur le sable. Les têtes de coraux sont également bien visibles, il est préférable des les éviter en infléchissant la route de 10 degrés sur bâbord ou tribord. Au plus proche de la fine plage de sable, protégé par les proches brisants, dont j’entend le bruit sourd, je jette l’ancre et met l’annexe à l’eau pour explorer mon île déserte. Les lumières sont magiques. Du sommet de la petite pente de sable, que je remonte pieds nus, je reçois un souffle, iodé, puissant, venu du large, qui témoigne de la toute puissance de la nature. Pour le coup, ça surpasse les Grenadines : me voici sur une sorte de Tobago Cays, mais seul ! Le diner à bord sera royal, barbecue au coucher du soleil.

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Des salins à perte de vue
Premiers paysages de salins, le dépaysement est marqué avec les Antilles.
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Friendship 7
La probabilité d’atterrir sur quelqu’un ici devait être moins élevée qu’ailleurs pour sûr !
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La plage des croisiéristes
Adossée à un grillage, elle est ridicule car derrière c’est un dépotoir et l’usine électrique vient compléter ce bruyant paysage.
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Gibb’s Cay
Repérage pour ma première navigation dans un bank.
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Le salin et le paquebot
Du rose éclatant sous le soleil des Turks and Caïcos.
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Les ânes dans les rues
Ils n’ont pas l’air traumatiser et au juste ils n’ont pas l’air de servir à grand chose.
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Mouillage carte postale
Les couleurs des Turks and Caïcos sont à la hauteur de leur réputation.
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Sea, sail and bike
Retour au voilier après une belle balade à VTT au bout du monde.
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À l’affut des coraux
J’aperçois l’ombre du voilier voler au dessus du fond !
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Gibb’s Cay
J’approche de Gibb’s Cay où je vais passer la nuit.
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Protégé par les brisants
Au plus proche de la fine plage de sable, je jette l’ancre.
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La puissance de l’océan
Je reçois un souffle, iodé, puissant, venu du large.
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Les Grenadines en mieux
Me voici sur une sorte de Tobago Cays, mais seul !
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Lumières de fin de journée
Le diner à bord sera royal, barbecue au coucher du soleil.

Salt Cay

Le lendemain, je me prépare quelques crêpes à déguster en contemplant ce paysage de Robinson. Je suis excité à l’idée de me remettre en route car dans ce sens ça va filer tout seul à la voile. Je débute en ne déroulant que le génois puis profite d’une zone un peu plus large pour hisser la grande voile et filer vers une nouvelle île déserte pour le déjeuner. J’y mouille à la voile et j’en repartirai sans allumer le moteur également, il faut dire que n’ayant déroulé seulement 10 mètres ça facilite la manoeuvre. Mouillé devant Salt Cay, je débarque dans le petit port sous les yeux d’insulaires qui me prennent pour un fou lorsque je cadenasse mon annexe. Avec trente cinq habitants à l’année, dont dix enfants fréquentant l’école du village, j’en ai presque déjà rencontré un quart. L’un d’eux me propose d’aller chercher le patron d’une des petites buvettes quand je lui demande si il y a un commerce d’ouvert pour me connecter. Manque de chance, il doit faire la sieste et ce n’est pas dit qu’il eût un wifi... Je me lance alors dans un tour du village qui s’étant autour d’un immense salt pond. Les maisons sont magnifiques mais c’est désert. Sur le chemin du retour, j’écoute le générique de True Detective, Far From Any Way, ambiance ! Le lendemain, à peine si j’arrive à me mettre à l’eau aux bouées de plongé. Le temps est nuageux, quelques vagues et assez de vent pour ne pas me mettre en confiance. Je tente à nouveau une excursion à terre, aujourd’hui le bar des plongeurs est ouvert. Les serveurs sont haïtiens, il y en a énormément ici, venus chercher du travail pour nourrir leurs familles qu’ils n’ont pas vu depuis des années... Ils parlent français, à l’école ils ont étudié la littérature française, dispensée d’une façon un peu colonial, j’ai un brin honte. Côté musique, ils adorent les chanteurs pour vieilles, ils sont fanas de Franck Mickaël. Je leur fait découvrir d’autres classiques du genre, c’est la fête ! Je passe une super journée au bar, ils me présentent à tout le monde tellement mon voyage les fascine. Je rencontrerai ainsi Ian, un anglais expatrié aux TCI depuis quelques années. Spontanément, il me met en contact avec la communauté française de Providenciale.

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Un minuscule îlot
Quelques grains de sable perdus au milieu de l’océan.
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Tout à la voile
Je mouille à la voile et je repartirai sans allumer le moteur également.
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Une autre plage déserte
Une nouvelle île déserte pour le déjeuner.
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Salt Cay
Voiles en ciseaux vers Salt Cay.
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Canaux sallés
Un des canaux du salt pond débouche juste en face du voilier.
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Salt pond
Le village s’étant autour d’un immense salt pond.
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Far from any way
Dans les rues désertes, j’écoute le générique de True Detective, ambiance !
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Coucher du soleil
Trop mignon ce petit âne qui prend la pose.

Caïcos Bank

Je quitte mes amis haïtiens le lendemain, non sans être revenu boire le café avant de me remettre en route. La traversé du Colomus Passage fut un plaisir. Je jette l’ancre au premier mouillage venu, aux côtés de deux petits motor yachts, car avec le soleil dans les yeux, je ne peux aller plus loin ce soir. L’apogée de mon trip aux TCI est la traversée du Caïcos Bank. Cela représente une grosse journée de navigation de haut vol, spécialement avec un monocoque d’un mètre quatre vingt de tirant d’eau. Je l’effectue en intégralité sous spi, huit heures de glisse ! C’est comme naviguer sur un lac, sans montagnes autour, sans en voir les rives. Le fond n’est jamais loin, même si je n’ai pas vu de pièges, il faut rester vigilant avec les bancs de sable et les têtes de coraux. Pour couronner le tout, une meute de dauphins m’accompagnera en fin de journée, le spectacle est formidable dans 3 mètres d’eau...

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8h sous spi à travers le Caïcos Bank
Le spi est envoyé pour une grande journée de glisse.
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Du spi dans une baignoire
Je n’ai pas souvenir d’avoir vu plus de trois mètres au sondeur...
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2,7m de profondeur sous spi
Voilà ce que ça donne à la GoPro.
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Nage avec les dauphins
Faute d’avoir le courage d’affaler de spi, je plonge la GoPro à l’étrave.
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Escorté par les dauphins
Mes compagnons pour l’arrivée sur Provo.
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Les dauphins et le spi
Ils semblent adorer cette grosse bulle colorée qui flotte au dessus d’eux.
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Saut sous le tangon
A-t’il voulu essayer de sauter par dessus le tangon ?

Providenciale

Après une nuit de repos, je tente de rentrer à South Side Marina, le propriétaire m’a indiqué que c’était possible à marée haute. Cependant, le chenal est mal balisé, ma quille heurte du rocher, seulement à quelques mètres du but. Je parviens à me dégager en marche arrière et à faire demi tour, posé sur du sable. Le courant me pousse, un grain approche, autant dire qu’il ne vaut mieux pas trainer ici. Retour à Spodilla Bay, la queue entre les jambes, impatient de plonger voir l’étendue des dégâts. Rien ne semble avoir bougé à l’intérieur, pas de voie d’eau. La quille semble entière de ce que j’en vois à la GoPro, ce qui se confirmera car je ne trouve que de l’antifouling en moins. Je voulais faciliter la récupération d’un équipier, découvrir cette marina de réputation sympathique et tenter de rencontrer les fameux français de Provo. Tout cela fut fait depuis le mouillage, je regrette d’avoir risqué la peau de mon bateau. Le soir même Steve et son épouse me récupèrent sur la plage, je suis convié à dîner chez leurs amis, ce fut une excellente soirée ! Alex m’accompagnera à l’aéroport le lendemain pour récupérer mon équipier, il me procure au passage de précieux conseils pour le retour en jitney, les taxis clandestins haïtiens... Impossible de faire les formalités de sortie un dimanche, nous passerons l’après-midi à la charmante plage en face du voilier. Le lundi, tout est réglé à midi malgré que c’était un jour de fête aux TCI, chose que j’ignorais. Nous nous mettons en route pour Great Inagua afin de faire notre entrée aux Bahamas.

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Pavillon de courtoisie des Turks and Caïcos

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